Les Chemins éternels
Bien chers amis,
Ce serait un doux euphémisme de dire que vous écrire m’a beaucoup manqué.
Mais la raison en est simple : dans moins d’une semaine paraitra mon livre !
J’imagine que pour beaucoup, qui ne me suivent pas sur mes réseaux sociaux, cette nouvelle doit tomber comme un cheveu sur la soupe ; pourtant, voilà bien des semaines que je travaille à l’édition de cet ouvrage.
Des commentaires, il faudrait en ajouter un paquet, mais pour contrer bien trop de paragraphes vains, je préfère vous livrer ici la couverture ainsi qu’une courte présentation du récit.
J’espère que cette modeste compensation contrera ces semaines d’absences.
Rendez-vous le 1ᵉʳ juin à 18 h sur mon site pour la précommande qui ne durera que 10 jours !
Dépassé par des études vidées de sens, il aura fallu de nombreuses réorientations et petits boulots pour succomber à l’appel de la route.
Une belle matinée d’avril, alors que je lisais « Sur les Chemins noirs » de Sylvain Tesson dans la rôtisserie où je travaillais, une brutale réalisation me secoua.
Tesson ; ce vieux bonhomme au cuir tanné par des années de fuites sur les routes poussiéreuses avait fait une vilaine chute sur le bitume d’une nuit alcoolisée.
Cloué à la sédentarité ; tout autre que lui aurait contemplé cette existence d’aventures avec fierté, voire contentement, pensais-je (grande est la naïveté de celui qui ne vit pas).
Pourtant, l’arrêt brutal pointa les manquements de l’écrivain voyageur comme un alcool révèle les plaies.
Tout un cortège de démons s’attaquèrent à son esprit contenu dans ce tas d’os croulant ; regrets, remords, angoisses, tristesses ; tout autant de maux que seul l’ivresse (des chemins, de la boisson, du Christ ou des textes, peu importe) semble guérir.
La suite vous la connaissez : une marche solitaire dans la France des sentiers battus en quête d’une rédemption pour ce vieux moteur.
Bien plus que le style, la route ou même l’histoire, ce fut cette vérité froide du temps qui passe qui me heurta avec le plus de violence.
Comment cet homme aux mille et une nuits de bivouac, arpenteur du monde, amant du passage et penseur des steppes, après tant d’années d’étreinte de la route, pouvait-il considérer être passé à côté de quelque chose ?
Moi, j’avais 22 ans, mon existence se cantonnait entre la rue Mouffetard et les quais de Seine dans un travail de comptoir à servir des étudiants névrosés et des touristes espagnols radins, pour un salaire que je m’empressais de dilapider dans des bières aux allures de flotte.
La vie m’était étrangère et cette lecture réveilla l’appétit vorace de bouffer l’existence à pleines dents.
Dans l’urgence du moment qui défile, je décidais de bien vite trouver une destination vers laquelle m’élancer !
Compostelle ? L’autoroute de l’Espagne ne contentait pas mon désir de chemins sauvages.
Jérusalem ? Trop éloignée, une Vénus aux cheveux d’or n’aurait pas supporté un temps si long.
Rome ? Berceau de la chrétienté aux chemins peu fréquentés tout en demeurant dans un périmètre acceptable ; voilà ma destination !
Une semaine plus tard je m’élançais dans la spirale grisante du mouvement qu’on souhaiterait sans fin.
Durant ces deux mois d’existence vagabonde, je goutais au véritable bonheur, à une jouissance pleine, une félicité étrange, que je ne connus qu’un instant éphémère.
Le soir, blotti sous le champ des étoiles, je noircissais mon calepin des trop nombreuses impressions du jour.
Tristesse, épanouissements, craintes, ardeurs ou tout simplement ces fleurs qui défilaient à mon passage, tout fut consigné dans ce carnet de voyage que je vous présente aujourd’hui.
Je ne comptais pas exposer ce morceau de ma chair aux regards des badauds, mais un écrivain balafré sur le balcon de son appartement du 5ᵉ arrondissement de Paris me poussa à élancer mes mots aux devants du monde.
Dans ce livre vous trouverez le cri d’un enfant qui se redécouvre, l’émotion trop intense de ce paysage qui défile et ces pensées grisantes qui submergent le marcheur dans son sillon.
Alors, je pourrais vous promettre bien des choses par cette lecture ; transformation ? Il ne s’agit pas de développement personnel, le récit d’un pèlerin ? Trop peu de vertus accompagnèrent ce périple, traité philosophique ? « Il y a plus d’orgueil que de profit à beaucoup philosopher », disait
l’auteur de l’Imitation de Jésus-Christ. Alors que vous offrira ce livre ?
Rien du tout, si ce n’est une déclaration brûlante et parfois brouillonne, d’un gamin désabusé envers Dieu et à sa création que l’homme a trop souvent violée.
Le cri d’un amoureux de cette terre teintée d’azur ?
Oui.
Voilà un fidèle résumé de cette escapade sur les chemins éternels.
Que Dieu vous garde
Cyriac vachette




